Certains verbes en -ir, malgré leur apparence, n’appartiennent pas au deuxième groupe. Finir, agir et bâtir se conjuguent différemment de partir ou sortir, bien qu’ils partagent une terminaison identique à l’infinitif. La distinction ne repose pas sur le sens, mais sur la forme du participe présent et la conjugaison au présent de l’indicatif. Cette classification trompeuse conduit fréquemment à des erreurs de conjugaison, notamment dans les temps composés ou l’accord du participe passé.
Pourquoi le deuxième groupe de verbes pose-t-il autant de pièges ?
La langue française se plaît à multiplier les subtilités, surtout quand il s’agit de conjugaison. Le deuxième groupe de verbes en est un exemple frappant. On les reconnaît à leur terminaison en -ir et à leur participe présent en -issant. Pourtant, derrière cet air de famille se cachent de sérieux pièges.
Dès qu’on s’y penche, on réalise que nombre de verbes en -ir ne relèvent pas du deuxième groupe, mais du troisième. L’illusion est tenace : entre finir et partir, la frontière n’est pas si nette et déroute même les plus chevronnés. Ce qui fait toute la différence, c’est la morphologie verbale : seul le participe présent en -issant, comme finissant ou choisissant, garantit l’appartenance au deuxième groupe. Les autres, plus imprévisibles, suivent des schémas éclatés où la règle n’a plus cours.
| Exemple de verbe du 2e groupe | Exemple du 3e groupe |
|---|---|
| grandir | sortir |
| réussir | venir |
On croit la règle simple : participe présent en -issant, conjugaison régulière, terminaisons uniformes. Mais en réalité, les exceptions affluent : haïr, certains homophones, ou d’autres verbes à la marge brouillent les pistes. Classer les verbes impose donc de scruter leur terminaison, mais aussi d’observer leur comportement dans la conjugaison. D’où l’intérêt de s’appuyer sur des modèles de conjugaison éprouvés et de garder un œil attentif sur les détails de la grammaire orthographe.
Les astuces infaillibles pour reconnaître et conjuguer sans hésiter
Pour ne plus trébucher sur la conjugaison des verbes du deuxième groupe, mieux vaut s’armer de quelques repères concrets. Premier réflexe : repérer la terminaison. Un verbe en -ir dont le participe présent se termine en -issant (exemple : « finissant », « choisissant ») fait indiscutablement partie du groupe. Cette méthode simple permet d’écarter immédiatement « partir » ou « dormir », qui, malgré leur terminaison, suivent un autre modèle.
Voici une série de points précis pour s’y retrouver facilement :
- Au présent de l’indicatif, gardez en tête la séquence des terminaisons : -is, -is, -it au singulier ; -issons, -issez, -issent au pluriel. Le radical, lui, ne bouge pas, seules les terminaisons évoluent.
- À l’imparfait, le suffixe -iss- vient s’intercaler avant les terminaisons classiques : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. Ce marqueur unique distingue clairement le deuxième groupe des autres.
- Pour le passé composé, ces verbes utilisent toujours l’auxiliaire avoir et un participe passé en -i : « j’ai réussi », « vous avez grandi ».
Pour ancrer ces automatismes, s’exercer avec un tableau de conjugaison ou des jeux de mémorisation s’avère payant : cartes, exercices ciblés, supports visuels. L’entraînement régulier, notamment avec les pronoms personnels (« nous choisissons », « vous réagissez »), permet de fixer durablement les bons réflexes. La régularité du deuxième groupe donne un fil conducteur, dès lors qu’on a identifié la double terminaison -ir/-issant dès le départ.
Repérer les verbes du deuxième groupe, c’est acquérir une boussole pour naviguer dans la conjugaison française sans s’égarer à chaque détour. Une fois le mécanisme assimilé, même les pièges de la langue deviennent des jeux d’enfant à déjouer.


